Le module Maintenance n’introduit pas son propre livre de stock. Chaque sortie, chaque retour et chaque mise au rebut d’une pièce de rechange est un mouvement de stock ordinaire, marqué d’un type de référence maintenance : tout votre suivi de lots et de numéros de série, et toute votre comptabilité d’emplacements, continuent donc de s’appliquer sans changement. Ce que le module ajoute par-dessus, c’est le travail de catalogue qui met les bonnes pièces à disposition au bon moment.
Rattachement des pièces aux équipements
Notez une fois pour toutes les pièces que prend normalement chaque machine : combien par intervention, sur quel type d’intervention, et chez qui vous les achetez d’habitude. C’est l’aide-mémoire du planificateur — ce que celui qui prépare une intervention sur cette presse, ou qui en commande les pièces, devrait sinon reconstituer de mémoire ou en fouillant les anciens ordres de travail. Cela se gère dans l’onglet Pièces par équipement de Maintenance → Équipements : la liste montre chaque rattachement avec sa portée, sa pièce, sa quantité habituelle, son rythme de consommation et son fournisseur privilégié ; le bouton Ajouter ouvre une page dédiée où chaque rattachement dit :
- La portée — un équipement précis, ou une classe entière. Exactement l’un des deux.
- Le produit (et facultativement la variante) — la pièce de rechange elle-même.
- La quantité habituelle et l’unité par intervention — ce qu’une intervention sur cette machine en prend d’ordinaire.
- Le rythme de consommation — Chaque préventive (consommée à chaque entretien préventif), Une préventive sur N (une fois sur N, par exemple les joints à chaque quatrième vidange — le N doit valoir au moins 2), En cas de panne (seulement quand cette pièce lâche), Sur inspection (relevée à l’œil — le filtre à air est contrôlé à chaque fois et remplacé s’il est encrassé).
- Un fournisseur privilégié facultatif — celui chez qui vous achetez habituellement cette pièce, pour la personne qui passera la commande.
Un rattachement renseigne ceux qui le lisent ; Beelocity n’en tire rien de lui-même. Il n’ajoute pas la pièce à un ordre de travail, ne met aucun stock de côté, n’ouvre aucune demande d’achat et n’en choisit pas le fournisseur. Quand une pièce doit être là, inscrivez-la là où Beelocity agit :
- Une pièce que consomme chaque intervention d’un plan va dans l’onglet Pièces du plan (Plans de maintenance) — ces lignes sont recopiées sur chaque ordre de travail que le plan lance.
- Une pièce pour une seule intervention va dans l’onglet Pièces de cet ordre de travail, sur une ligne que vous ajoutez.
- Une pièce qui ne doit jamais manquer reçoit une politique de pièce critique (plus bas). Le fournisseur noté sur le rattachement n’y joue aucun rôle.
Un rattachement posé sur une classe d’équipement vaut pour tous les équipements de cette classe — pratique pour les pièces communes à tout un parc (toutes les fraiseuses prennent le même protecteur de glissière). Rattachez une pièce à un équipement précis quand lui seul la prend (cette presse-là porte un joint particulier, parce qu’elle a été modifiée). Le rattachement propre à une machine s’ajoute à ceux de sa classe sans les remplacer : les deux figurent dans son onglet Pièces de rechange. Seule compte la classe sous laquelle la machine est rangée : les pièces rattachées à une classe parente ne descendent pas jusqu’à elle, rattachez-les donc à sa propre classe. Si une machine prend une autre pièce que le reste de sa classe, dites-le dans les Observations du rattachement.
La page de chaque équipement porte cet onglet Pièces de rechange, et c’est là que les rattachements se consultent : ouvrez la machine avant de préparer une intervention sur elle ou de commander pour elle. La colonne Portée nomme la machine elle-même pour une ligne qui lui est rattachée directement, et affiche Classe : suivi du nom de la classe pour une ligne héritée de sa classe. Cliquez sur n’importe quelle ligne pour ouvrir et modifier le rattachement.
La liste Pièces de rechange par équipement resserre avec son bouton de filtre par Équipement, Classe d’équipement, Pièce, Rythme de consommation, Fournisseur privilégié, Actif ou une plage de quantité habituelle (Utiliser les listes).
Kits de maintenance
Un kit est une commodité de mouvement : un ensemble nommé de pièces de rechange qu’un technicien sort sur un ordre de travail en un clic. Le kit 250 h du chariot élévateur peut regrouper l’huile moteur, le filtre à huile, la graisse et une jauge de pression. La page d’un kit expose un onglet Composants, où chaque composant porte :
- Le produit (et facultativement la variante), la quantité, l’unité.
- Un numéro de séquence, pour l’ordre d’affichage.
- Un repère
is_optional— le technicien décide à chaque sortie s’il le consomme.
Sortir un kit développe les composants et sort chacun du dépôt de l’ordre de travail exactement comme une sortie de pièce isolée : péremption la plus proche d’abord, chaque lot à ce qu’il a coûté, avec un mouvement de stock par composant. Un composant pris sur deux lots, ou dans deux casiers, apparaît en deux lignes, une pour chacun, dans l’onglet Sorties de pièces de l’intervention. Le kit lui-même est une définition, pas du stock — il n’y a pas de « kit en stock ».
Aperçu du contenu (simulation)
La page d’un kit porte un bouton Aperçu du contenu à côté de Modifier. Il ouvre un panneau latéral qui appelle le même moteur de développement que la vraie sortie de kit — mais n’écrit rien. Pour chaque composant actif, vous voyez :
- Le produit du composant, la quantité nécessaire et l’unité.
- Le coût unitaire estimé (repris de
products.standard_cost). - L’estimation de ligne = quantité nécessaire × coût unitaire.
- La quantité en stock au dépôt source de l’ordre de travail (seulement quand un ordre de travail est choisi ; sinon la disponibilité reste masquée).
- Une pastille Manque quand la quantité nécessaire dépasse le stock. Un manque sur une pièce obligatoire arrêterait la sortie complète du kit ; un manque sur une pièce facultative est signalé mais ne bloque jamais.
Une ligne de pied additionne tous les composants dans l’estimation d’ensemble — ce que le kit devrait ajouter au coût des pièces de l’ordre de travail. La vraie sortie de kit ajoute ce qu’ont réellement coûté les lots qu’elle prend, si bien que les deux diffèrent dès qu’un lot a été acheté au-dessus ou au-dessous du coût standard du produit. Le panneau vous laisse aussi choisir un ordre de travail dans votre liste des ordres actifs, pour que l’aperçu soit ramené à son dépôt ; sans ordre de travail choisi, l’estimation de coût unitaire s’affiche quand même mais la disponibilité est masquée.
Servez-vous-en avant d’appuyer sur « Sortir un kit », pour repérer les manques, décider s’il faut sortir partiellement ou attendre une réception en reliquat, et vérifier que le coût que le kit va imputer est bien celui que vous attendiez.
Chaque ligne de pièce prévue sur un ordre de travail retient si elle vient d’un kit. Le issue_method de la ligne vaut soit :
- Manuelle — la valeur par défaut ; le technicien sort chaque unité une par une, par le bouton de sortie de la ligne.
- Par kit — posée quand la ligne vient du développement d’un kit ; tout le kit sort en un clic, par l’action « Sortir un kit » de l’ordre de travail.
Les deux ne se mélangent pas sur une même ligne — une fois qu’une ligne est née d’un kit, toutes les sorties qui suivent passent par le chemin du kit. Prendre la même pièce à la main sur le même ordre de travail crée une ligne Manuelle séparée.
La liste Kits de maintenance se filtre par Classe d’équipement et Actif.
Sur un kit, l’onglet Composants resserre par Pièce, Unité, Facultatif, Actif ou une plage de quantité.
Politiques de pièces critiques
Certaines pièces comptent tellement qu’en manquer coûte plus cher que d’en garder en stock — le joint particulier de cette presse critique, le roulement propriétaire que le constructeur met 6 semaines à livrer. Une politique de pièce critique déclare, par produit et par dépôt :
- Un minimum — quand le stock disponible, réservations déduites, passe en dessous, il faut agir.
- Un maximum — le niveau jusqu’auquel réapprovisionner.
- Un fournisseur privilégié et un délai fournisseur facultatifs.
Ce qu’une politique compte est partout le même : le stock en main moins les réservations, dans le dépôt de la politique, sans les pièces posées en attente de réparation. Une politique sur une variante compte le stock de cette variante ; une politique sur un produit compte le stock du produit et celui de toutes ses variantes. La carte de couverture, la demande d’achat quotidienne et la liste Pièces non couvertes du tableau de bord de la maintenance lisent ce seul compte, si bien qu’elles ne se contredisent jamais sur une pièce.
Un traitement de fond quotidien parcourt chaque politique active. Quand le stock disponible moins les réservations passe sous le minimum (les pièces posées en attente de réparation ne comptent pas dans le disponible), il ouvre une demande d’achat au brouillon pour (max − stock) unités. Une demande d’achat ne nomme aucun fournisseur : le fournisseur privilégié de la politique ne sert qu’à la chiffrer, et le Prix estimé de la ligne est repris de la fiche catalogue de ce fournisseur — le dernier prix réellement payé, ou le prix convenu tant que rien n’a été acheté — et si le fournisseur tient une fiche pour la déclinaison précise plutôt que pour le produit entier, c’est celle-là qui sert. Si ce fournisseur n’a aucun prix en fiche — rien d’inscrit pour la pièce, ou un zéro inscrit, ce qui n’est pas un prix — la demande part tout de même : la ligne arrive simplement avec un Prix estimé vide. Rien n’a échoué : la ligne attend son prix comme toute ligne de demande approuvée, et c’est l’acheteur qui le renseigne au moment de passer la commande. Quand la demande est approuvée, le bon de commande qu’elle crée prend son fournisseur dans le catalogue fournisseurs de la pièce, et non dans la politique, selon les mêmes règles que toute autre demande d’achat : le fournisseur dont la fiche est marquée Préféré passe en premier, sauf si un autre tient une fiche pour la variante exacte là où celle du préféré ne couvre que le produit entier, affiche un prix là où le préféré n’en a aucun, ou chiffre dans la devise de la demande là où le préféré ne le fait pas. Sans fournisseur marqué, c’est le moins cher chez qui vous pouvez commander qui est retenu. La demande est créée en priorité Haute, au statut Brouillon, avec une date de livraison demandée à aujourd’hui plus le délai de la politique. Sa ligne porte le nom de la pièce, et son Origine indique Pièce de rechange critique — un lien vers la politique — pour que les achats sachent d’où vient le déclenchement (Demandes d’achat). Le traitement est idempotent — s’il existe déjà une demande au brouillon pour le même produit, la même variante et le même dépôt, il n’en crée pas de seconde.
La liste Politiques de pièces critiques se filtre par Pièce, Dépôt, Fournisseur privilégié, Actif, ou une plage de minimum, de maximum ou de délai fournisseur — Délai d'approvisionnement (jours) au-delà de 14, c’est la liste à revoir avant un long congé.
Politique de réservation
Quand un ordre de travail de maintenance est lancé :
- Les pièces non facultatives sont réservées dans le dépôt de l’ordre de travail (les pièces en attente de réparation sont exclues — elles ne sont pas encore disponibles). Les pièces facultatives ne sont jamais réservées, pas plus que les lignes qu’une sortie de kit ajoute à l’intervention : celles-là sont prises sur le stock disponible au moment où le kit sort.
- Une réservation ne prend que du stock disponible. Ce qu’un autre ordre a déjà réservé lui reste acquis : deux ordres de travail parallèles ne peuvent donc pas réserver tous deux la dernière unité, et une intervention ne peut pas s’approprier un roulement qu’une commande client a promis à un client.
- Les pièces sont réservées par pièce et par dépôt, sur le stock disponible qui périme le premier — celui qu’une sortie prend d’abord. Les réservations partielles sont acceptées — si seules 3 des 5 unités nécessaires sont disponibles, l’ordre est lancé avec 3 réservées, la Quantité réservée de la ligne de pièce affiche 3, et le planificateur voit le manque.
Suspendre l’ordre de travail garde ses réservations. Le relancer les rend puis réserve à nouveau sur ce qui est disponible ce jour-là : une intervention ne tient donc jamais deux fois les mêmes unités.
Les réservations se libèrent :
- À la sortie de la pièce (la réservation de l’intervention baisse de ce que la sortie en a utilisé, et le stock de toute la quantité sortie).
- Au retour d’une pièce sortie, non utilisée ou sous garantie. Le retour rend tout ce que la ligne de pièce tient encore en réserve : la ligne affiche ensuite 0 réservé, et toute sortie ultérieure de cette pièce se fait sur le stock disponible.
- À l’annulation de l’ordre de travail (toutes les réservations restantes se libèrent).
- À l’achèvement ou à la clôture de l’ordre de travail, s’il reste quelque chose de réservé (cela n’a pas servi, c’est donc libéré).
Sur quel stock une sortie se sert
Une sortie depuis le dépôt de l’ordre de travail utilise d’abord ce que l’intervention a réservé pour cette pièce, jusqu’à la quantité sortie, et ne prend le reste que sur le stock disponible. Une sortie depuis un autre dépôt prend toute la quantité sur le stock disponible de ce dépôt-là, et la réservation de l’intervention dans son propre dépôt est rendue quand même, jusqu’à la quantité sortie. Une sortie ne prend jamais le stock qu’un autre ordre a déjà mis de côté — une pièce promise à un client, ou réservée pour une autre intervention, reste où elle est. Si ce que la sortie a le droit de prendre ne suffit pas, elle est refusée et rien ne bouge ; le message indique combien était disponible face à la quantité que vous vouliez sortir.
Pièces à réparer
Certaines pièces se réparent au lieu d’être jetées : une carte électronique, une jauge de précision, un moteur. Le déroulé :
- Le technicien enregistre la pièce défaillante sur le formulaire de sortie de l’ordre de travail en Retour non utilisé ou Retour sous garantie, active À réparer et choisit l’Emplacement des pièces à réparer où elle attendra. Seuls les emplacements du dépôt d’origine réservés aux réparations sont proposés ; si le dépôt n’en a aucun, le formulaire affiche Aucun emplacement dans ce dépôt à la place, et le retour revient sur l’étagère. Une pièce consommée ou mise au rebut ne peut pas partir à réparer : ces mouvements sortent du stock, et le stock en attente de réparation n’est jamais pris.
- Ni la réservation faite au lancement de l’ordre de travail ni une sortie de pièce ne prennent jamais ce stock en attente de réparation — il n’est pas encore disponible pour de nouveaux ordres de travail.
- Après réparation (en interne, avec un ordre de travail de maintenance dédié, ou à l’extérieur en prestation), la pièce réparée revient dans le stock général avec
is_repaired = true. Son nouveau coût unitaire est le coût du lot d’origine plus une part, par unité, des autres coûts de l’ordre de travail (actual_other_cost) — c’est-à-dire le coût total de la réparation réparti sur les unités retournées, et non le montant entier ajouté à chacune.